38h de Ferry, plein sud

Publié le 7 août 2012 | Récits d'USA, Récits du CANADA | 1 commentaire

Après avoir quitté nos chercheurs d’or qui prenaient l’avion pour rejoindre le Québec, nous décidons Chantal, Sylvain et moi de rester encore un ou deux jours à Whitehorse afin de nous remettre de la semaine festive que nous venons de passer.

À propos les photos que vous avez tant plébiscité sont prise par mes amis, je n’y suis donc pour rien et je leur ai transmis vos compliments.

Malgré l’insistance affectueuse de mes voisins, je me couche de bonne heure et évite les excellent cocktails préparé en secret par Sylvain.

Après deux jours de ce régime quasi monastique, nous décidons d’un commun accord de partir le lendemain de bonne heure.

Le lendemain nous commençons par nous réveiller tard et un café plus loin, nous sommes pris d’une envie de retourner manger des sushis pour un petit déjeuner tardif.

Bien entendu ce moment délicieux et convivial repousse notre départ au lendemain, Sylvain rêve de faire la sieste.

A la place de tomber dans les bras de Morphée, il met à exécution mon idée de débarrasser mes sangles de leur gangue de plastique afin de récupérer de la place dans mon coffre et de faire un rangement plus rationnel.

En ouvrant le coffre, je m’aperçois que tout mes affaires sont trempées, et qu’un sac de farine à éclaté et s’est répandu en une colle bien compacte emprisonnant des Jurançons.

Sylvain et Chantal s’occupe des sangles pendant que je nettoie et sèche le coffre, non sans avoir scruté tout les tuyaux à la recherche d’une éventuelle fuite que je ne trouve pas.

Que c’est il produit, la douche extérieure que je n’aurais pas fermée, un lavage haute pression qui aurait causé des infiltrations …Je ne trouve aucune explication, après avoir séché le coffre grâce au beau soleil et de courant d’air, Sylvain qui a roulé et attaché les sangles, range le coffre rationnellement grâce aux sangles qui prennent moitié moins de place.

Le lendemain, au lieu de partir comme prévu, nous discutons devant un café, nous avons une difficulté mutuelle à nous quitter, puis vers 11h on lève l’ancre.

Sylvain et Chantal se dirige vers Watson Lake et moi vers Skagway.

La route qui va de Whitehorse à Skagway Alaska est sublime, elle serpente entre des montagnes verdoyantes entre coupées de lacs d’altitude dont les eaux vont du vert émeraude au blanc laiteux en passant par toute la palette des verts.

Arrivée en haut du versant est, la végétation change radicalement, les grand sapins touffus sont remplacé par de petits arbustes rachitiques et clairsemés poussant à même la roche aride et déchiquetées, des torrents et chutes d’eau d’une pureté éblouissante complète le paysage du versant glissant brutalement dans la mer.

10 kms avant Skagway je passe de nouveau la douane américaine, pour une fois le douanier est presque souriant, mais refuse de me croire quand je lui dit que mon camion est un « motor home », il insiste pour avoir les documents de marchandises transportées , je m’apprêtais à lui demander l’autorisation de lui faire voir l’intérieur quand son chef vient à mon secours opportunément en disant  » laisse tomber c’est un camping car, je l’ai vu à la télé sur Discovery Channel ».

Le préposé, un peu vexé par l intervention de son chef, me demande ou j habite, alors qu’il tient mon passeport entre ses mains, je réponds que je suis française, il va sur l’ordinateur, revient me dire que je vis en Argentine d’après lui, puisque j’ai le drapeau sur le camion (c’est bien entendu le drapeau Français ). Ce n’est que la confirmation flagrante du profond désintérêt des américains pour tout ce qui n’est pas les USA et de leur totale inculture. Son chef visiblement lui demande de me laisser partir.

Après une descente vertigineuse, j’arrive à Skagway, village typique de l’époque de la ruée vers l’or, mais devenu très très piège aux très nombreux touristes venant dans d’énormes bateaux de croisière de toute nationalité.

La rue principale n’est que magasins de souvenirs et à mon grand étonnement il y à un monde dingue dedans et sur les trottoirs.

Je me rends directement à l’embarcadère du ferry afin de réserver mon embarquement du lendemain vers Prince Rupert sur un « traversier » qui serpente entre les îles de la côte.

La charmante préposée me conseille d’embarquer immédiatement sur le traversier qui va à Juneau, la capitale de l’état d’Alaska, car le bateau direct pour Prince Rupert est complet tout le mois d’août et que celui de Juneau vers la Colombie britannique pourra embarquer Scani le lendemain soir.

Je ne réfléchit pas une seconde, je prends mon billet et embarque sous le regard inquiet de l’équipage à cause de la hauteur du camion. Nous appareillons à 17h, le temps est magnifique, entre les îles la mer est calme comme un lac, la vue est dégagée, j’installe mes quartiers dehors à la proue, espérant voir quelques animaux marins, je ne verrais que trois dauphins.

Je regrette de n’avoir pas pu visiter une journée Skagway et de ne pas non plus passer une semaine à Haines, escale du ferry, pour voir les ours pêcher les saumons qui commence enfin à arriver avec presque un mois de retard à cause d’un été tardif. Après une nouvelle courte escale sur une petite île, je débarque à 23h.

Je m’installe sur le parking providentiel d’un supermarché situé peu avant la ville, il pleut depuis environ une heure et le ciel est bouché, je promène Dream et on se couche.

Au matin l’horizon est toujours bouché et il tombe une pluie fine et transperçante qui me rappelle une autre région, la Normandie…

À quelques kilomètres, il y a un glacier que je vais seulement apercevoir car les nuages l’enveloppe dans du coton, de toutes façon j’ai vu déjà les plus beaux au monde au sud de l’Argentine,c’est donc pas trop grave.

Après une ballade à pied dans la montagne pour préparer Dream à rester 2 jours et 2 nuits tous seul dans le camion, je vais vers le centre ville pour visiter le quartier historique, malheureusement rien n’est prévu ni proche ni loin pour garer mon Scani ou d’ailleurs n’importe quel autre MotorHome US (démesuré comme le reste), je me console en me disant que comme cela je ne dépenserais pas d’argent dans les nombreux magasins de bijoux, fourrures et cadeaux divers et variés.

La ville est organisée pour recevoir au centre historique les énormes bateaux de croisière qui mouillent sur un quai aménagé pour eux face au centre.

Ils crachent leur centaines de passager qui se jette goulûment sur les boutiques de cadeaux kitchissimes de préférences.

Il pleut toujours, le ciel est toujours bouché, la visibilité nulles, je roule donc sur les nuages jusqu’au terminal d’embarquement pour m’enregistrer et par la même occasion regarder un film en attendant l’embarquement.

Nous larguons les amarres à 19h, j’installe Dream avec croquettes et eau dans la cabine afin qu’il puisse voir se qui se passe, car les animaux sont accepté à bord, ce qui est génial, mais n’ont le droit qu’au pont marchandise, soit dans une boite si leur maître est à pied, soit dans la voiture.

ils ne peuvent sortir qu’aux escales, donc à 4h ce matin nous avons fait un tour dehors sous la même pluie persistante, malgré ces mauvaises conditions atmosphérique, les paysages sont grandioses, c’est avec les glaciers Argentins de loin les plus beaux paysages que j’ai vu de ma vie.

De plus il règne sur ces îles du bout du monde une atmosphère particulière, sauvage, ou l’homme doit composer avec une nature brute et sans concession.

les habitants que je croisent ont tous des « gueules », burinée par le soleil, le froid intense, le vent et la mer, leurs mains sont calleuses, abîmées par les lignes et filets de pêche.

Leur vie est d’une dureté exceptionnel, mais pour en avoir parlé avec quelques uns, ils n’en changerais pour rien au monde.

De plus si j’en crois la taille des maisons de bois, la pêche leur rapporte pas mal d’argent, ce qui leur permet de faire venir par ferry tout le confort moderne.

Certaine îles n’ont que 2 kms de route, malgré cela les 4X4 V12 sont légion, bien qu’à part les Alaskiens sont totalement imprégnés de la mentalité américaine.

Dans cet état tout est hors de prix, néanmoins les salaires sont à la hauteur des richesses incroyables de cet état acheté aux Russes, Or, Argent, Diamant, pierre semi précieuse, pêche miraculeuse,bois, pétrole, gaz, eau douce, etc.

Un jeune routard me disait que grâce à un contrat de 4 mois dans une mine ou dans une société pétrolière l’été en Alaska, il pouvait voyager 8 mois autour du monde sans se priver.

Un autre couple qui tient un B&B au milieu de nulle part travaille 6 mois l’hiver avec des touristes qui viennent faire des randonnées avec chiens et traîneau, les six mois restant ils voyages partout.

Je leur disais que celà me plairait de passer un hiver au milieu de nulle part seule sous moins 40 °, il m’ont proposé un job de 4 mois pour cet hiver, garder un Condo fermé pendant les 4 plus durs mois d’hiver et prendre soin des chiens pendant les vacances des propriétaires, nourrie, logée, blanchie et payée.

Je suis très tentée par leur proposition et doit leur donner ma réponse fin septembre au plus tard.

Nouvelle escale plus longue vers 9h du matin, Dream et moi faisons un tour de village, il fait doux mais il pleut toujours. puis encore une escale vers 4h cette après midi, puis nous arriverons vers 2h du matin à Prince Rupert Colombie Britannique, la ville la plus pluvieuse du Canada et peut être de l’Alaska réunie.

Je conseille à tous ceux qui viennent en Alaska de faire ce périple en ferry vers le sud, c’est une expérience inoubliable et surtout inexplicable, d’ailleurs vous n’aurez pas de photo de la croisière car je n’aurais jamais pu mettre dans les photos la beauté sauvage des paysages, ni les émotions qui me submerge devant tant de beauté pure.

Si comme je l’espère j’obtiens un jour la double nationalité Canadienne et que je doive poser mes valises quelques part je crois que ce serait à Whitehorse en Colombie Britannique, car non seulement j’aime cette petite ville, mais surtout j’aime sa proximité avec des sites d’Alaska d’une extrême beauté.

C’est ensommeillée que je débarque au milieu de la nuit à Prince Rupert à la recherche d’un bivouac.

Demain je reprends la route (en grande partie déjà faites) en direction de Vancouver à environ 1600 kms ( la banlieue quoi !!!)

Bonne nuit.

 

1 pensée sur “38h de Ferry, plein sud”

  1. elarmoire dit :

    encore et toujours de magnifiques paysages, et ton étoile qui te guide , prends soin de toi et de tes fidèles compagnons (Dream et Scani), bises

Les commentaires sont fermés.

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